Gérer son patrimoine

Lorsqu'on est jeune, il est difficile de connaître tous les rouages des placements financiers si l'on est pas issu du milieu de la finance. On a malgré tout une préférence pour certains supports. Cependant, la méconnaissance de certains produits et l'attrait pour d'autres ont tendance à rendre friable le patrimoine de chacun.
 
Quand on évoque la gestion de son patrimoine, la seule préoccupation doit être de déterminer s'il est suffisament diversifier. Bien souvent, les particuliers optent principalement pour l'immobilier en dur. Certes, sur les 20 dernières années, les multiples annonces de l'explosion de la bulle immobilière ont bien du faire rire ceux qui ont investi dans la pierre. Néanmoins, bien que l'immobilier soit un gage de sécurité pour ses possesseurs, il n'en demeure pas moins un actif peu liquide.
 
Son accumulation a également un coût que d'autres placements permettent d'éviter. En effet, posséder une résidence principale disproportionnée par rapport à sa famille et son mode de vie peut vite devenir un gouffre financier. Idem concernant les investissements locatifs qui en nombre peuvent rapidement peser lourdement sur votre fiscalité. Inutile d'évoquer l'achat de bien avec travaux en vue de réaliser un déficit foncier ou un amortissement du logement pour limiter ses impôts. Ces opérations sont fiscalement intéressantes mais nécessitent d'y consacrer un temps incroyable. Alors à moins d'en faire votre activité principale, passez votre chemin.
 
L'essentiel de la population cherche bien évidemment à disposer du patrimoine le plus conséquent possible et ce au plus vite. Toutefois, s'il doit augmenter au fil du temps, il doit le faire passivement, sans que vous ayez à passer tout votre temps libre à le développer.
 
Bien sur, il est difficile voir impossible pour une personne démarrant la constitution de son patrimoine de miser sur tous les supports à la fois. Cependant, il convient de prioriser ceux qui sont plus importants en priorité.
 
(Les types de placements qui apparaissent en gras soulignés proposent des liens vers des articles plus détaillés)

 

 

Les placements à prioriser

 
 
- Le placement numéro doit être l'épargne. C'est la base pour effectuer la moindre action dans l'immobilier. Si par chance vous commencez à épargner jeune, même peu, vous bénéficiez d'un apport potentiel pour l'achat d'une résidence principale. Si vous vous faites financer à 110% (prix du bien + frais de notaire, banque et agence) vous pouvez consacrer votre épargne pour un autre placement ou la conserver en épargne de précaution. Le montant à y consacrer dépend de ce que vous possédez. Conserver 10.000 euros est toujours un bon plan en cas de coup dur.
 

 

 
- La résidence principale ! Vous lirez souvent sur les sites des investisseurs immobiliers qui prônent une retraite sous 3 ans de ne pas acquérir sa résidence principale et d'axer uniquement ses acquisitions sur des investissements locatifs. Quoi qu'on en pense, rester locataire c'est s'infliger un loyer à perte chaque mois et demeurer dans un logement qui n'est pas le sien.
 
Acheter votre résidence principale vous permet dans un premier temps de vous constituer un patrimoine en remboursant lentement votre emprunt. Aux taux actuels, le coût devient raisonnable. Mais posséder son chez soi offre surtout l'opportunité de l'aménager comme bon lui semble ce qui en fait son atout principal. 
 
Un point important est à prendre en considération, c'est le format du bien que vous envisager d'acquérir. En effet, privilégier un espace plus réduit que la norme influencera son niveau de consommation. Inutile donc d'axer ses recherches sur un logement avec 3 chambres si vous êtes seul(e) ou en couple, malgré l'envie de penser aux futurs enfants, car l'inconvénient d'avoir beaucoup de place dont on a pas un usage immédiat est de surconsommer pour finalement se retrouver envahi d'objets pas toujours utiles. Il sera toujours temps de revendre pour acheter plus grand, voir de conserver l'habitation pour en tirer des revenus locatifs.

 

 

 

- L'assurance vie. Après l'épargne c'est le placement financier à privilégier. En effet, il ne nécessite pas forcément un capital important de base, mais son fonctionnement optimal consiste à effectuer des versements réguliers sur le très long terme. Sur 20 ans avec un profil équilibré vous aurez très largement doublé votre capital versé. C'est une bonne solution car elle ne viendra pas forcément ponctionner votre épargne. Bien sur rien ne vous empêche d'y placer un capital initial de quelques milliers d'euros. Néanmoins, l'idée est plutôt de verser mensuellement une petite somme, de l'ordre de 100 ou 200 euros. 
 
Vous pouvez également ouvrir plusieurs contrats, un en fond euros, sans risque et l'autre en profil plus dynamique ou vous versez chaque mois une somme équivalente sur les 2 contrats. L'objectif est de prendre date pour qu'au terme des 8 ans d'existence, vous puissiez effectuer d'éventuels retrait avec une fiscalité faible dans la limite du seuil de 4.600 euros par an pour une personne seule et 9.200 euros pour un couple.
 
Par ailleurs, contrairement à de l'immobilier, l'assurance vie permet facilement des retraits ou avances vous permettant de disposer de liquidités assez rapidement si besoin. A la différence des livrets d'épargne, l'assurance vie produit plus d'intérêts mais les fonds ne sont pas disponibles instantanément. 
 

 

 
- L'immobilier locatif. Suite à vos placements en épargne, acquisition de résidence principale et assurance vie, 2 placements peuvent avoir du sens pour poursuivre votre constitution d'un patrimoine. La priorité va tout de même à l'investissement locatif. En pratique si vous êtes imposable et payer au moins 2.500 euros d'impôts sur le revenu par an (et qu'il sera le cas pendant plusieurs années), il peut être intéressant de se tourner vers de l'immobilier défiscalisant type Pinel, Malraux, etc. Ma préférence va au Pinel car il s'adapte à plus de monde que le Malraux qui est à envisager si vous payez énormément d'impôts. 
 
En investissant en loi Pinel vous misez sur un logement neuf et disposerez d'une économie d'impôt annuelle de 2% du montant du bien pendant 6 ou 9 ans. Vous pouvez prolonger jusqu'à 12 ans, mais pour la 10, 11 et 12ème année, la réduction d'impôt annuelle correspondra à 1% du montant du bien. Concrètement en achetant un bien à 150.000 euros vous gommez 3.000 euros d'impôts par an pendant 6 ou 9 ans, puis 1.500 euros par an les 3 années suivantes.
 
En contrepartie de cette avantage fiscal le montant du loyer est plafonné selon la situation géographique du bien. Il est probable de devoir compléter de sa poche d'une centaine d'euros par mois, mais vos impôts sur le revenu servent également à financer le bien et vous possédez un logement neuf.
 
Si vous avez peu de temps à consacrer à votre investissement et que vous payez des impôts la solution est idéale. Si vous êtes peu imposable et que vous envisager une acquisition sans accroc, l'achat dans l'immobilier neuf peut répondre à votre besoin. Il faut cependant veiller à ce que votre crédit vous coûte le moins possible de votre poche. Ainsi, optez pour de la location meublé, loué plus cher, mais vous disposerez d'un abattement de 50% de vos recettes si vous choisissez le régime Micro-BIC. Si vos charges représente plus de 50% de vos recettes, viser le régime réel simplifié pour déduire vos charges au réel.
 
Lors de l'achat dans le neuf, la principale erreur à ne pas commettre est de trop surpayé le logement. Forcément les prix du neufs sont plus important, mais essayez de limiter la différence de prix au mètre carré entre le neuf et l'ancien à 15%. L'aspect positif c'est qu'au moins vous n'avez pas de souci de travaux pendant 15 ans.
 
Pour ceux prêt à se prendre la tête avec des artisans et à y consacrer du temps, favorisez l'acquisition d'un bien avec travaux. Les coûts des travaux sont déductibles des loyers perçus et peuvent même réduire le revenu imposable dans la limite de 10.700 euros par an. Ce système correspond au déficit foncier.

 

 

 

- Les SCPI. Il s'agit la encore d'immobilier mais sous une forme complètement différente. La pierre-papier comme on l'appelle est une alternative intéressante à l'achat en dur. Ce placement consiste en l'achat de part d'un montant unitaire défini pour lesquels vous percevrez des revenus. 
 
Dans une logique de diversification du patrimoine, l'acquisition de parts de SCPI en nue-propriété a du sens. Vous achetez ces parts avec une décote variable selon la durée de démembrement, puis au terme de cette période vous touchez des revenus sur la somme initialement acquise. L'attrait est une éventuelle hausse de la valeur des parts au fil du temps et l'absence totale d'imposition pendant toute la durée du démembrement. Par ailleurs, la valeur de la nue-propriété sort de votre patrimoine, réduisant votre IFI si vous y êtes soumis. 
 
Vous pouvez par exemple acheter chaque année pour 10.000 euros de parts de SCPI avec un démembrement sur 10 ans. Vous pouvez ainsi escompter une décote de 33,5% (selon la SCPI choisi) et donc ne payer ces parts "que" 6.650 euros. A l'issue des 10 ans du démembrement, vous toucherez des loyers non pas sur 6.650 euros mais sur les 10.000 euros. En réitérant cette opération plusieurs fois, vous augmentez mécaniquement vos revenus fonciers à terme, offrant une solution pour un complément de revenu.
 
Attention tout de même car les SCPI peuvent conduire à une perte de capital, tout comme l'investissement immobilier à une moins-value lors de la revente.
 

 

 
- Autres placements financiers. Lorsque vous avez effectué ces différentes opérations, il convient de renforcer ses placements financiers. Parmi eux, vous pouvez souscrire un PERP en vue de votre retraite. Dans la limite de 10% de votre revenu annuel, ce montant est déductible de votre revenu imposable. Cependant, ce produit ayant vocation à vous offrir une sortie en rente lors de votre retraite, je ne le conseille pas trop car vous n'avez pas la main mise sur son fonctionnement et sauf cas très particulier devez attendre l'âge de la retraite pour le débloquer. Le PERP a de l'intérêt si vous n'avez pas besoin des sommes placées avant une très longue période.
 
Le financement participatif peut vous permettre de diversifier votre patrimoine. A utiliser avec modération quand même. Il propose de financer les emprunts d'entreprises sur une durée et à un taux d'intérêts déterminés à l'avance. Le risque étant que l'entreprise fasse défaut. Ainsi, ce mécanisme est très favorable si vous multipliez les prêts aux entreprises afin de limiter votre risque de défaut. Pour en savoir plus cliquez ci-après : Financement participatif.
 

 

 
- Cryptomonnaie. Il s'agit d'un placement plaisir. A limiter fortement car les risques de gain comme de perte sont totaux. Même avec un patrimoine important, inutile d'y injecter plus de quelques milliers d'euros car certes vous pouvez obtenir des gains potentiellement exorbitant, mais également perdre gros à cause des fortes fluctuations de ces marchés. Si vous êtes prêt à y consacrer beaucoup de temps, vous pouvez envisager d'y faire du trading, mais sinon visez plutôt une hausse de la valeur sur le long terme. 

 

 

En conclusion

 

 

Se constituer un patrimoine est une longue route semée d'embûches. Chacun doit pratiquer ses investissements selon sa propre situation, son/ses objectif(s) et dans la limite des risques qu'il est prêt à prendre. 
 
La diversification, le temps et la régularité sont néanmoins les 3 facteurs à ne jamais oublier. La diversification permet de limiter les éventuelles perte en misant sur plusieurs placements. Le temps limite les phases de pertes en les lissants avec les périodes de bénéfices. Enfin, la régularité limite l'effort financier à effectuer. En effet, il est moins douloureux de verser 200 euros par mois que 2.400 euros en une seule fois.